samedi 2 août 2008

FAIT DIVERS DANS LE JOURNAL

HIER 10H30 : ca y est, les valises sont pratiquement bouclées me disais-je tout en vérifiant ma liste de ce qu’il fallait ne pas oublier : casquette, adresse précise du gîte, chargeur portable, …Une liste pense-bête que j’établis à chaque départ en vacances. Comme tous les matins, les filles regardaient leur série télé.
-Et vos valises, elles en sont où ? Et le ménage à l’étage ?
-S’il te plaît, Maman, on regarde ca… on fera tout cette après-midi.


Devant mon air réprobateur, mon aînée ajoute :
-Et on fera le ménage en bas, tout ! Aspirateur, serpillière.
-Et moi, quand est-ce que je me repose ? Je suis déjà fatiguée…
-Ben , si tu veux, va te reposer maintenant, et cette après-midi, quand tu tiras chercher le colis à la Redoute, on fera le ménage en bas.
Pas bête ! C’est vrai que j’ai un colis à récupérer.
-OK, mais vous mettez la télé moins fort.

12H15 :
Mon mari était tout juste arrivé alors que j’émergeais de ma sieste
-Y’a un gros plantage sur une des chaînes informatiques. Je mange vite fait et je repars
Pas de chance : gros bug le dernier jour de travail avant ses vacances.
-Je ne sais pas à quelle heure je rentrerai ce soir.
-Vas-y, je vais te préparer tes affaires.
Pour mon mari, très simple la valise : T-shirts, short et encore short.


13H15 :
-Le filles,je vais à la Redoute, à tout à l’heure
Ma cadette du haut de ses 10 ans traînait l’aspirateur et sa sœur s’affairait à la poussière à l’étage.
-Bisoooous !
Ce serait bien que j’y aille à pied et je prendrai le bus pour rentrer.200 mètres plus tard, je changeais d’avis : mes genoux me faisaient déjà mal. Bon, je vais prendre le bus , il vaut mieux. Je traversais le passage piéton, j’en étais à la moitié. J’ai entendu une voiture proche, très proche, le temps de tourner la tête à droite, et j’ai vu un capot bleu à 3 mètres de moi.
Elle ne va pas s’arrêter, je vais me faire renverser.
Seul réflexe, me protéger latête avec mes bras avant de fermer les yeux.


Tout c’est passé vite, très vite, un crissement de pneus suivit du choc. La voiture m’a cogné au bassin, j’ai senti mon corps tout léger se soulever en l’air puis tomber.
C’est pas vrai ! Je viens de me faire renverser … aïe, j’ai mal…


-Madame, madame, ca va ? ca va ? Vous pouvez vous relever ?
-Non, j’ai mal répondis-je en ouvrant les yeux.
Penchée sur moi, la conductrice sortie de sa voiture me regardait. J’ai juste bougé un peu mes jambes et mes bras pour vérifier leur état.
- Vous pouvez vous relever ?
-J’ai mal au cou…Mais ca ne va pas de rouler aussi vite ?
-Je ne vous ai pas vu, vous avez déboulé sur le passage
-Vous vous foutez de qui ? ??
De rage et de douleur, je me suis mise à pleure .
-Vous pouvez vous relever ?
-Non !!!! ai-je crié.


S’en suivirent les ambulanciers.
-Madame, on va vous mettre dans une coque et surtout ne bougez pas du tout la tête. Ca va ?
-Je ne me sens pas bien, j’ai chaud, j’ai envie de vomir…
La conductrice était plus préoccupée par des questions concernant sa voiture.
-Vous, Madame, vous vous taisez ! lui a ordonné l’ambulancier. Vous verrez tout ca avec la police.


Je me sentais très fatiguée, très, très fatiguée.
-Madame, madame, ne fermez pas les yeux !
-Mon mari est au travail … en plus il est débordé … ce soir on doit partir en vacances.
-Ne vous inquiétez pas ! Vous avez le numéro de votre mari ?
J’ai préféré appelé moi-même mon mari. Sonné par l’accident, je lui ai dit que ca irait et que je rentrerais en taxi…


Sirène en route, direction les Urgences.
Arrivée aux urgences puis installée sur un chariot, l’interne est venu m’examiner et me poser quelques questions : où j’avais mal ? Ce qui c’était passé ? L’infirmière me posait une perfusion et a bien relevé que j’étais fibromyalgique. Elle était très douce dans ses gestes.
Mon mari est arrivé, pâle comme une linge, j’ai tenté de sourire.


-Madame, on va vous faire des radios.
Salle de radiologie, j’entendais juste quelques mots « cervicales…espacement…arthrose ».
Deuxième cliché de cervicales… C’est pas bon, me suis-je dit.
Retour dans la chambre des urgences.
-Madame, on va vous mettre une autre minerve. Ca va ?
-Je voudrais juste rentrer chez moi et me reposer.
-La police va venir vous voir et ensuite le médecin sénior.


Contrôle alcootest : négatif, le contraire m’aurait bien étonné à moins que mon café soit frelaté.
Mon portable a sonné, je pensais bien que c’était les filles qui devaient se demander où j’étais passée. Mon mari a répondu, je les entendais crier et pleurer… il les a rassuré comme il pouvait.
Le médecin sénior, enfin !
-Vous avez une entorse des cervicales, vous devez porter pendant 8 jours la minerve et refaire une radio des cervicales. Vous pouvez rentrer chez vous, mais du repos au moins pendant 3 jours. Je vous fais tous les papiers pour l’assurance et la radio.
A ce moment là, j’ai compris qu’il n’y avait plus de vacances, fini, out les Vosges…


16H00 passées :
Je rentre enfin chez moi. Les filles me serrent dans leur bras, elles ont eu très peur. Mon mari repart au travail. Exténuée, je vais au lit mais impossible de trouver le sommeil : la douleur et l’émotion de l’accident.
Ce n’était pas mon jour, à un millième de seconde près, je n’étais plus là …


La conductrice qui m’a renversé ne m’a appelé pour prendre de mes nouvelles. Dégoûtée, écœurée ! Elle a simplement dit aux policiers qu’elle ne regardait pas la route et qu’elle m’a vue au dernier moment.

AUJOURD’HUI 5H30 :
Mon corps est endolori : quelques égratignures et surtout de gros hématomes. Au moindre mouvement de tête, j’ai mal aux cervicales et au dos. J’entends la pluie cogner contre les volets, il ne reste plus qu’à défaire les valises…




















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